Payment Factory : les meilleurs logiciels et éditeurs

Le marché des payment factories est désormais suffisamment dense pour pouvoir ébaucher un classement et tirer des conclusions de l’utilisation par les entreprises de ces logiciels dédiés à la rationalisation de leurs flux de paiement et à l’optimisation de la visibilité globale de leur trésorerie.

Afin de définir au mieux les logiciels les plus efficaces, nous nous sommes basés sur plusieurs éléments :

  • l’utilisation en situation réelle de la plupart de ces progiciels
  • les données statistiques de l’Association Française des Trésoriers (AFTE), sur lesquels nous reviendrons
  • l’opinion des trésoriers et des staffs des trésoreries
  • des tests personnels
  • une veille métier quotidienne active

Pour rappel, notre définition d’une payment factory requiert les éléments suivants :

  • installable dans les grands groupes
  • relations intragroupe natives sans ajout de module
  • gestion des paiements, mais aussi des encaissements
  • gestion des paiements SEPA, prélèvements SDD, virements SCT…
  • communication bancaire et gestion des principaux protocoles de communication avec les banques (SWIFTNet, eBICS…)
  • administration poussée des utilisateurs

Idéalement, la payment factory est de surcroît un outil Web, ne nécessitant pas d’installation lourde et coûteuse. En ce sens, les offres des progiciels SaaS sont avantagées.

Comparaison et remise en question des données

Le sondage AFTE relatif à l’utilisation d’une centrale de paiements ou d’une plateforme de traitement de fichiers de paiement donne les résultats suivants :

  • pour les ETI (entreprises de taille intermédiaire) :
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Répartition des logiciels de paiement dans les ETI
  • pour les GE (grandes entreprises) :
utilisation-GE.png
Répartition (erronée) des Centrales de paiement dans les grandes entreprises

Sans surprise, ce sont les 2 marques les plus célèbres (Sage et Kyriba) et les plus communicantes qui se tirent la bourre sur le marché des ETI, jouissant d’un réseau dans le monde entier, de moyens marketing sans commune mesure avec la concurrence et de logiciels adaptés aux entreprises de cette taille.

De façon beaucoup plus curieuse, Kyriba arrive également en tête du classement des grandes entreprises, devant la payment factory CashPooler, du français DataLog Finance, et bien que les logiciels de l’éditeur américain ne remplissent pas complètement la fonction de payment factory et ne soient pas installés dans les grands groupes.
La confusion vient sans doute du fait que le sondage de l’association française des trésoriers d’entreprise a été envoyé à tous les membres directs ou indirects de l’association, y compris les trésoriers de petites entreprises ou de filiales de grandes entreprises. En répondant en masse à ce sondage, ils ont donc fait ressortir des logiciels et des éditeurs plutôt spécialisés dans les ETI voire PME dans chacune des catégories de ce sondage, le faussant en partie. Ainsi, dans la partie GE, seuls DataLog et Diapason, ou presque, devraient apparaître, les autres éditeurs répondant peu aux appels d’offres de grandes entreprises, pour des raisons stratégiques ou plus sûrement techniques.
Par ailleurs, cette « erreur » peut s’expliquer également par l’intitulé de la catégorie, qui mixe à la fois payment factory et « plateforme de traitement de fichiers de paiements ». Il y a fort à parier que certains sondés y ont vu là un simple logiciel de traitement, et non une solution s’intégrant dans le SI, depuis l’import des fichiers dans le progiciel, jusqu’à l’envoi en banque, traitement des réponses bancaires et des workflows inclus.
L’omniprésence de Kyriba, pourtant moins bien loti et moins présent que les logiciels DataLog Finance chez les entreprises émargeant à plus de 2 milliards de chiffre d’affaires, tend à confirmer un problème dans ce sondage :

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Répartition des éditeurs dans les grandes entrerprises

On peut étendre cette remarque à d’autres données du sondage, comme celles qui concernent la gestion des comptes et des pouvoirs bancaires (BAM et par extension eBAM), qui font la part belle à Microsoft Excel chez les GE, ce qui est fort peu crédible étant donné les masses de données qu’ils sont susceptibles de gérer en la matière. Par exemple, on imagine mal Orange coupler Excel à leurs logiciels professionnels pour gérer les dizaines de millions de comptes bancaires et les prélèvements de ses clients… Au contraire, le géant de la télécommunication a préféré passer par la fonction native BAM et eBAM de la payment factory CashPooler (qui n’est pourtant même pas mentionnée dans les résultats ci-dessous) pour éviter tout interfaçage ou déploiement complexes et chronophages à réaliser :

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Logiciel utilisé pour le BAM

Offres sur mesure et fidélité

On note que les entreprises de toute taille demeurent encore réticentes à l’idée de confier leurs données sensibles de paiement à un hébergement, et privilégient donc le self-hosting, ou hébergement en interne.

hebergement.png
Répartition de l’offre hébergement par taille d’entreprise

Il est à noter toutefois que ces chiffres sont nettement en baisse, une étude de 2004 montrant à l’époque un ratio de 4 hébergements internes pour 5 logiciels installés.

Une fois que les projets de paiement sont déployés, le taux de renouvellement devient très faible, plus d’1/3 des logiciels frisant les 10 ans d’utilisation, faisant de la clientèle des éditeurs de logiciels de trésorerie des clients fidèles :

fidelite.png
Durée d’installation du logiciel de trésorerie dans l’entreprise

Ces progiciels nécessitant des budgets d’acquisition, de formation et de maintenance à l’année (en hébergement interne) ou trimestrielle (en SaaS) très important, il est évident que la question de l’éventualité d’un changement ne se pose que rarement, si tant est que le logiciel réponde au moins à une partie des besoins, et malgré le caractère déceptif de certains logiciels nécessitant moult développements complémentaires et interfaçages pour s’intégrer dans le système d’informations de l’entreprise ou tout simplement faire vivre les fonctions comme cela était prévu à l’amorce du projet.
L’opacité des coûts chez chaque éditeur et pour chaque typologie de projet ne permet malheureusement pas de se faire une idée précise de la fourchette à prévoir dans l’enveloppe destinée à la réalisation et à la mise en place de ces processus d’optimisation de trésorerie.

Et le gagnant est…

… difficile à déterminer sans gloser ! Il semble qu’un petit nouveau soit voué à se taillé la part du lion dans les années à venir, profitant de l’évolution du marché de la payment factory vers celui du smart TMS (Treasury Management System) intégré, regroupant l’ensemble des fonctions attendues par les trésoreries des grandes entreprises :

  • payment factory
  • gestion de trésorerie (cash management)
  • récupération et intégration automatique et native des données du SI
  • gestion des opérations financières
  • gestion des risques associés
  • rapprochement bancaire
  • netting
  • gestion personnalisable des workflows
  • comptabilisation des écritures
  • module comptable
  • stricte séparation des fonctions Front, Middle et Back Office (décision, validation et administration, comptabilisation)

Ce nouveau marché est encore jeune, les entreprises préférant encore se reposer sur des solutions classiques, bien que vieillissantes, comme Calypso, en attendant l’avènement et l’arrivée à maturité d’outsiders comme Treasury Line ou d’autres solutions

  • Full Web
  • capables de gérer des volumétries importantes
  • bénéficiant d’une offre flexible (interne ou SaaS)
  • faciles d’implémentation
  • fonctionnellement riches

Celles-ci, si elles ne ne sont pas légion actuellement, sont vraisemblablement l’avenir des trésorerie d’entreprise d’une taille importante, pour un gain de productivité toujours plus prégnant.

A suivre…

SEPA : Etat des lieux

Que signifie SEPA ?

Comme indiqué dans un article sur ce site, le terme SEPA signifie Single Euro Payments Area. C’est la zone où plus de 500 millions de citoyens et plus de 20 millions d’entreprises et autorités publiques européennes peuvent effectuer et recevoir des paiements en euros dans les mêmes conditions, droits et obligations, indépendamment de leur emplacement.

L’introduction de l’euro a contribué à la facilitation des paiements en espèces partout dans la région, les rendant aussi simples que dans son pays d’origine. Jusqu’à récemment, il était pas si facile de payer pour des biens ou des services par voie électronique dans un autre pays de la zone euro, par exemple avec une banque carte de débit, le moyen de paiement privilégié par de nombreux Européens aujourd’hui. Et quand vous vouliez transférer de l’argent à partir d’un compte bancaire domicilié dans votre pays d’origine vers un compte dans un autre pays de la zone euro, le paiement pouvait prendre beaucoup plus de temps, et le bénéficiaire ne pas obtenir la totalité du montant.

Quels sont les avantages de SEPA ?

SEPA rend tous les paiements électroniques effectués dans la zone euro aussi simples que les paiements en espèces. Vous pouvez effectuer des transferts rapides et sûrs entre comptes bancaires partout dans la zone euro. Et si vous faites des emplettes à l’étranger, vous pouvez également utiliser votre carte de débit bancaire pour effectuer un paiement en euros, comme vous le feriez dans votre pays d’origine.

bonhomme avec une loupe faisant un état des lieux

SEPA implique également de meilleurs services bancaires pour tous : une tarification transparente, de précieuses garanties assurant que vos paiements sont reçus rapidement et intégralement, et les banques assument la responsabilité si quelque chose se passe mal avec votre paiement.
Les gains globaux attendus de SEPA pour toutes les parties prenantes a été évalué à 21,9 milliards € par an par PWC en 2014 confirmant une étude Capgemini de 2008 l’évaluation de ces avantages à 123 M € cumulés sur 6 ans.

Réglementation SEPA

La réglementation SEPA (EC 260/2012) adoptée en 2012, vise à créer un véritable marché unique européen des paiements de détail.
Le passage définitif à SEPA date du 1er août 2014. Depuis cette date, tous les virements et les prélèvements en euros sont faits sous le même format : les virements SEPA (SCT) et les prélèvements SEPA (SDD).
A l’origine, le passage devait se faire le 1er août 2014, mais une modification du règlement SEPA a introduit une période de transition de six mois – jusqu’au 1er Août 2014, donc – pour assurer un minimum de perturbations pour les consommateurs et les entreprises.

SEPA : un travail collaboratif

Le Single Euro Payments Area (SEPA) est une initiative du secteur bancaire européen qui a permis de rendre tous les paiements électroniques dans l’ensemble de la zone euro – par exemple, par carte de crédit, carte de débit, virement bancaire ou prélèvement – aussi facile que les paiements nationaux dans son pays d’origine.

Le projet SEPA a fortement été soutenu par la Commission européenne et la Banque centrale européenne. Le Conseil SEPA, qui sera bientôt remplacé par un nouvel organe de gouvernance, le conseil paiements de détail Euro (ERPB), rassemble tous les acteurs du marché du paiement et vise à faciliter la mise en place et la transition en douceur vers le SEPA.

La migration SEPA

La Commission européenne, en collaboration avec la BCE, a surveillé de près la migration de chaque État membre vers le SEPA.